Impossible d'accueillir le Christ sans accueillir le plus pauvre

Bonne Nouvelle Quart Monde
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2005-01 Retour de Sr Anne aux Philippines

En ce début d’année, la prière des enfants, mes petits voisins, va être l’occasion de vous partager un peu de la vie de mes amis Philippins au milieu desquels je vis. Chaque soir en effet, à l’heure des vêpres, ils sont entre 5 et 10, parfois 15, à venir prier avec moi. Leur prière me semble bien représentative de ce qu’ils portent.

Prière de Anne avec les enfantsIls remercient Dieu de nous connaître et de ma présence parmi eux. « Merci parce que Sr Anne est revenue pour nous enseigner la Parole de Dieu. » (Nica - 10 ans) Pour eux, nous sommes là pour leur enseigner le Parole de Dieu et leur apprendre à prier. « Merci parce vous avez pensé à habiter ici et parce que vous nous apprenez les paroles de Dieu. » (Gladys - 12 ans) « ..J’espère que vous ne partirez pas d’ici, parce que si vous partez, peut-être nous pourrons oublier de prier. » (Carla - 14 ans)

« Merci, Seigneur, pour toutes les grâces que nous recevons tous les jours. »

Ils sont très conscients des problèmes de leur quartier et leur pays. Du coup, ils ressentent ce qu’ils ont dans leur vie comme cadeau de Dieu et ils Lui en rendent grâce : pouvoir manger tous les jours, avoir une famille unie, et aussi de ne pas avoir de catastrophes... « Merci d’avoir des parents ; que ma maman puisse vendre et que ma famille soit ensemble ; que mon papa ait du travail ; merci parce qu’il s’occupe de nous et peut nous nourrir. » (Chilee - 10 ans)

Et ils prient pour ceux qui n’ont pas tout cela : pas de « maisons permanentes, ceux qui vivent sous le pont, ceux qui ont faim... » Par notre présence, ils découvrent un peu plus qui sont ceux qui vivent dans ces conditions à deux pas de chez eux. Parfois, quelques-uns de nos voisins nous suivent dans nos visites au bord de la rivière ou sous le pont ou bien certains des plus pauvres viennent participer à notre prière. C’est alors l’occasion d’une première rencontre entre eux. Ils pensent aussi à ceux qui, autour d’eux, sont malades et surtout aux enfants dont un père ou une mère sont morts récemment - et il y en a pas mal - « J’espère, Seigneur, prie Tintin, que Tu ne laisseras pas tomber Catcat qui a perdu son papa ; que les enfants de Suzanne pourront continuer à aller à l’école, après la mort de leur père. » (En effet, le papa décédé, la maman pourra-t-elle payer encore les études des enfants ?) A l’approche de Noël, ils ont commencé à s’inquiéter des bagarres possibles, de ceux qui ne pourront pas être heureux parce qu’ils n’auront pas de quoi manger... ou qu’ils seront seuls.Et leur prière a pris les accents des attentes exprimées par Isaïe sous forme de promesses : « Le jour du Seigneur, il n’y aura plus de pleurs, plus de guerre... » « J’espère, prie Maymay, que maintenant à Noël, il n’y aura pas de morts, de malades, de gens qui ont faim, pas de bagarres... Que tout le monde soit heureux le jour de Noël et qu’on soit tous ensemble. » Et après les fêtes, ils ont remercié que tout se soit bien passé.