Impossible d'accueillir le Christ sans accueillir le plus pauvre

Bonne Nouvelle Quart Monde
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2008-11 Un autel, témoin de l’unité du groupe

Premier dimanche du mois : nous invitons nos amis ou ceux qui veulent nous connaître à partager la prière des pauvres - cela depuis Avril 2008. Ce dimanche-là, nous allons visiter...
 

...la communauté sous le pont. Heureux de recevoir des invités, ils avaient préparé, à ma demande, un petit « autel » surélevé (sur des cages a tourterelles...) et un plancher sur le sol du chemin pour s’asseoir. Du coup, l’idée leur était venue d’avoir un autel permanent au milieu d’eux et ils avaient commencé à en discuter entre eux : « On le mettrait à cet endroit ; moi, j’y mettrais ma Vierge... » « et moi, mes anges »... Seulement, il manquait un toit pour le protéger des intempéries... Une bâche pourrait faire l’affaire... Ils m’en touchent 2 mots à notre arrivée.

Parmi nos invités, une certaine Adelyn, paroissienne de classe moyenne, vient pour le première fois dans ce groupe-là et me fait immédiatement cette remarque : «  Ils sont unis  ». Au cours de la prière, le courant passe bien avec le groupe : elle sait se situer avec eux au niveau de sa propre souffrance ; son partage est très écouté. Après la prière, les échanges continuent...

Adelyn entend certains discuter de leur manque de toit pour bâtir leur « autel ». Elle s’approche et échange avec eux ses idées, et finalement leur propose de leur acheter une bâche.

La communauté réunie

Le samedi suivant, elle me la fait passer et je la remets solennellement aux familles de sa part.

Le lendemain, dimanche après-midi, vers 16h, Ana frappe toute joyeuse : « Sisters, venez voir ! Tous les hommes de la communauté ont construit un autel. Il est beau et solide. C’est comme une chapelle... Venez ! Le papa d’Edna (qui ne participe jamais aux activités) a acheté la « meryenda » (=goûter) pour fêter ça ! » Effectivement, nous sommes impressionnées de cette réalisation solide. Ils ont maintenu la bâche par des bois transversaux, et même fixé des planches en traverse pour s’asseoir.

L’autel, fait avec une caisse en bois, est orné par les femmes : nappes, statues... Chacun a apporté un de ses objets religieux... C’est très hétéroclite mais chaque famille est représentée.

Nos invités sont frappés par 2 valeurs dans ce groupe : - la présence de plusieurs hommes, alors qu’habituellement seules, les femmes participent à ce genre de groupe. - leur unité, comme l’a tout de suite remarqué Adelyn qui me l’a répété avec joie plusieurs fois en repartant....

 Chapelle du changement..

Epilogue Depuis, la Municipalité a entrepris de chasser les familles installées sur le chemin. Dans un premier temps, cet autel a été épargné par les démolisseurs. Mais quelques semaines plus tard, ce fut son tour. L’homme en charge de cette besogne était tout ennuyé...

Il s’est signé, a touché les statues, puis a dit : « Pardon Seigneur ! Je suis obligé ; c’est mon boulot... » Malgré leur désir, les familles n’ont pas encore pu le reconstruire, car maintenant, elles sont toutes concernées par les démolitions. Elles résistent tant qu’elles peuvent, refusant de partir...